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roger-georges-cavalie.overblog.com

blog généraliste

Publié le 2 Novembre 2012 par roger-georges-cavalie.overblog.com

Accoudé au garde-fou de la passerelle de la gare d'Agen, Julien passait des heures à contempler les départs des locomotives à vapeur vers des contrées qu'il imaginait lointaines et envoûtantes. Extrait du roman "Le vieux cartable" : Tiens, voici la passerelle qui enjambe les rails luisants, près de la gare. Julien a l'habitude d'emprunter ce petit pont métallique et, souvent, comme aujourd'hui, il s'accoude sur l'une des rambardes et laisse son esprit s'embarquer dans l'un de ces trains à destination de contrées lointaines qu'il imagine faute de les connaître...... Julien n'avait jamais aperçu ce monstre bruyant ailleurs que dans ses livres de classe et sur les planches du Petit Larousse Illustré. Monsieur Borry lui avait expliqué le fonctionnement d'une machine à vapeur mais ses croquis manquaient de couleurs, d'odeurs, de sons, de mouvement, de vie. Là, appuyé sur le garde-fou, l'élève intrigué par Denis Papin et sa machine à vapeur s'est mué en un spectateur plongé dans la contemplation de ces sombres mastodontes apprivoisés qui évoluent sous ses yeux.......Le mécanicien, sa tête maculée de suie penchée à l'extérieur du poste de conduite, manoeuvre cette masse écumante de métal avec une précision remarquable........À l'écart de ce tintamarre, une "Pacific" silencieuse, immobile sous une grue à eau, attend patiemment que ses réservoirs soient remplis tandis que son chauffeur jette de lourdes pelletées de charbon dans le foyer incandescent. Quelques voyageurs, à la démarche alourdie par le poids de leurs bagages, s'attroupent sur le quai numéro un. Un haut-parleur nasille une annonce, le chef de gare lance un coup de sifflet strident et, venant de l'Est, un bruit de roulement à pein audible se propage timidement dans les airs, enfle progressivement et fait irruption, en même temps que l'express, à la sortie du dernier virage, à huit cents mètres de la gare. Le halètement de la locomotive se fait moins saccadé, comme si cet animal minéral voulait reprendre son souffle pour mieux résister à l'énorme poussée des dizaines de wagons dont il va devoir maîtriser la lancée en quelques secondes. Les bouffées de vapeur s'espacent, l'emballement des bielles se calme et, arc-boutée sur ses grandes roues d'acier immobilisées qui glissent sur les rails dans un déferlement de gémissements métalliques et d'étincelles, la locomotive vient stopper sous la passerelle. Julien sent vibrer ces tonnes de métal impatientes de reprendre le large avec leur cargaison humaine. Il entend claquer les lourdes portières qui se referment sur les passagers. Un sifflement strident. Un éternuement étouffé. Puis deux, puis trois accompagnés de longs jets de vapeur. L'interminable convoi tressaille. Il peine à démarrer. Laborieusement, il s'ébranle et gagne de la vitesse, entraîné par les centaines de chevaux-vapeur de l'attelage mécanique. Les yeux rivés sur le wagon de queue qui s'éloigne vers les rivages de l'Atlantique, Julien éprouve une fois de plus cet indescriptible vague à l'âme qui submerge ceux qui rêvent de courir le monde et sont contraints de rester sur le quai.
Accoudé au garde-fou de la passerelle de la gare d'Agen, Julien passait des heures à contempler les départs des locomotives à vapeur vers des contrées qu'il imaginait lointaines et envoûtantes. Extrait du roman "Le vieux cartable" : Tiens, voici la passerelle qui enjambe les rails luisants, près de la gare. Julien a l'habitude d'emprunter ce petit pont métallique et, souvent, comme aujourd'hui, il s'accoude sur l'une des rambardes et laisse son esprit s'embarquer dans l'un de ces trains à destination de contrées lointaines qu'il imagine faute de les connaître...... Julien n'avait jamais aperçu ce monstre bruyant ailleurs que dans ses livres de classe et sur les planches du Petit Larousse Illustré. Monsieur Borry lui avait expliqué le fonctionnement d'une machine à vapeur mais ses croquis manquaient de couleurs, d'odeurs, de sons, de mouvement, de vie. Là, appuyé sur le garde-fou, l'élève intrigué par Denis Papin et sa machine à vapeur s'est mué en un spectateur plongé dans la contemplation de ces sombres mastodontes apprivoisés qui évoluent sous ses yeux.......Le mécanicien, sa tête maculée de suie penchée à l'extérieur du poste de conduite, manoeuvre cette masse écumante de métal avec une précision remarquable........À l'écart de ce tintamarre, une "Pacific" silencieuse, immobile sous une grue à eau, attend patiemment que ses réservoirs soient remplis tandis que son chauffeur jette de lourdes pelletées de charbon dans le foyer incandescent. Quelques voyageurs, à la démarche alourdie par le poids de leurs bagages, s'attroupent sur le quai numéro un. Un haut-parleur nasille une annonce, le chef de gare lance un coup de sifflet strident et, venant de l'Est, un bruit de roulement à pein audible se propage timidement dans les airs, enfle progressivement et fait irruption, en même temps que l'express, à la sortie du dernier virage, à huit cents mètres de la gare. Le halètement de la locomotive se fait moins saccadé, comme si cet animal minéral voulait reprendre son souffle pour mieux résister à l'énorme poussée des dizaines de wagons dont il va devoir maîtriser la lancée en quelques secondes. Les bouffées de vapeur s'espacent, l'emballement des bielles se calme et, arc-boutée sur ses grandes roues d'acier immobilisées qui glissent sur les rails dans un déferlement de gémissements métalliques et d'étincelles, la locomotive vient stopper sous la passerelle. Julien sent vibrer ces tonnes de métal impatientes de reprendre le large avec leur cargaison humaine. Il entend claquer les lourdes portières qui se referment sur les passagers. Un sifflement strident. Un éternuement étouffé. Puis deux, puis trois accompagnés de longs jets de vapeur. L'interminable convoi tressaille. Il peine à démarrer. Laborieusement, il s'ébranle et gagne de la vitesse, entraîné par les centaines de chevaux-vapeur de l'attelage mécanique. Les yeux rivés sur le wagon de queue qui s'éloigne vers les rivages de l'Atlantique, Julien éprouve une fois de plus cet indescriptible vague à l'âme qui submerge ceux qui rêvent de courir le monde et sont contraints de rester sur le quai.

Accoudé au garde-fou de la passerelle de la gare d'Agen, Julien passait des heures à contempler les départs des locomotives à vapeur vers des contrées qu'il imaginait lointaines et envoûtantes. Extrait du roman "Le vieux cartable" : Tiens, voici la passerelle qui enjambe les rails luisants, près de la gare. Julien a l'habitude d'emprunter ce petit pont métallique et, souvent, comme aujourd'hui, il s'accoude sur l'une des rambardes et laisse son esprit s'embarquer dans l'un de ces trains à destination de contrées lointaines qu'il imagine faute de les connaître...... Julien n'avait jamais aperçu ce monstre bruyant ailleurs que dans ses livres de classe et sur les planches du Petit Larousse Illustré. Monsieur Borry lui avait expliqué le fonctionnement d'une machine à vapeur mais ses croquis manquaient de couleurs, d'odeurs, de sons, de mouvement, de vie. Là, appuyé sur le garde-fou, l'élève intrigué par Denis Papin et sa machine à vapeur s'est mué en un spectateur plongé dans la contemplation de ces sombres mastodontes apprivoisés qui évoluent sous ses yeux.......Le mécanicien, sa tête maculée de suie penchée à l'extérieur du poste de conduite, manoeuvre cette masse écumante de métal avec une précision remarquable........À l'écart de ce tintamarre, une "Pacific" silencieuse, immobile sous une grue à eau, attend patiemment que ses réservoirs soient remplis tandis que son chauffeur jette de lourdes pelletées de charbon dans le foyer incandescent. Quelques voyageurs, à la démarche alourdie par le poids de leurs bagages, s'attroupent sur le quai numéro un. Un haut-parleur nasille une annonce, le chef de gare lance un coup de sifflet strident et, venant de l'Est, un bruit de roulement à pein audible se propage timidement dans les airs, enfle progressivement et fait irruption, en même temps que l'express, à la sortie du dernier virage, à huit cents mètres de la gare. Le halètement de la locomotive se fait moins saccadé, comme si cet animal minéral voulait reprendre son souffle pour mieux résister à l'énorme poussée des dizaines de wagons dont il va devoir maîtriser la lancée en quelques secondes. Les bouffées de vapeur s'espacent, l'emballement des bielles se calme et, arc-boutée sur ses grandes roues d'acier immobilisées qui glissent sur les rails dans un déferlement de gémissements métalliques et d'étincelles, la locomotive vient stopper sous la passerelle. Julien sent vibrer ces tonnes de métal impatientes de reprendre le large avec leur cargaison humaine. Il entend claquer les lourdes portières qui se referment sur les passagers. Un sifflement strident. Un éternuement étouffé. Puis deux, puis trois accompagnés de longs jets de vapeur. L'interminable convoi tressaille. Il peine à démarrer. Laborieusement, il s'ébranle et gagne de la vitesse, entraîné par les centaines de chevaux-vapeur de l'attelage mécanique. Les yeux rivés sur le wagon de queue qui s'éloigne vers les rivages de l'Atlantique, Julien éprouve une fois de plus cet indescriptible vague à l'âme qui submerge ceux qui rêvent de courir le monde et sont contraints de rester sur le quai.

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