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roger-georges-cavalie.overblog.com

blog généraliste

Publié le 19 Juillet 2012 par roger-georges-cavalie.overblog.com

Le chemin que parcourait matin et soir l'écolier Julien n'était pas goudronné dans les années quarante mais seulement empierré. Extrait du roman "Le vieux cartable" : " —   Tu diras à Monsieur Borry que papa et moi sommes d'accord pour le collège." Julien ne s'y attendait plus. Cependant, il maîtrise cette envie soudaine de se jeter dans les bras de sa mère........Il court jusqu'au hangar avoisinant, enfourche son vieux vélo déglingué et s'élance vers le village. Il se sent des ailes.... Julien amorce la descente vers Sauvagnas. Il doit freiner car, plus bas, quatre ou cinq écoliers marchent en désordre, occupant la largeur du chemin. " —   Garez-vous, bande d'abrutis ! " hurle Julien en évitant de justesse le groupe, au prix d'un écart acrobatique. Un chapelet d'injures et de lazzi l'accompagne sur quelques dizaines de mètres. Il se retourne, offensé et furieux : " —   On règlera ça tout à l'heure. Vous ne perdez rien pour attendre, espèces de crétins ! " Une nouvelle avalanche d'injures le rattrape mais il ne daigne plus répondre à ces ploucs irrécupérables.........Julien s'empresse de garer sa bicyclette dans un coin du préau et fouille la cour du regard, à la recherche de son maître. " —   Salut Julien ! "  C'est la voix enjouée de Christian, son cousin avec qui il s'entend si bien. " —   Salut Christian ! T'as pas vu Monsieur Borry ? "  " —   Il est aux W.C. Tu fais une partie de poque avec moi ? "  " —   Non. Tout à l'heure si tu veux. Je dois parler d'abord à Monsieur Borry ! " L'instituteur sort des cabinets. Julien attend qu'il ait parcouru quelques mètres pour l'approcher, comme s'il voulait lui éviter la gêne d'être surpris par ses élèves à la sortie d'un endroit inconvenant. En réalité, c'est Julien que la situation embarrasse : il n'a jamais pu se faire à l'idée que son instituteur, un personnage si respecté, si prestigieux, si instruit puisse fréquenter ce lieu infect, simplement isolé des enfants tout proches par une porte aux planches disjointes.

Le chemin que parcourait matin et soir l'écolier Julien n'était pas goudronné dans les années quarante mais seulement empierré. Extrait du roman "Le vieux cartable" : " — Tu diras à Monsieur Borry que papa et moi sommes d'accord pour le collège." Julien ne s'y attendait plus. Cependant, il maîtrise cette envie soudaine de se jeter dans les bras de sa mère........Il court jusqu'au hangar avoisinant, enfourche son vieux vélo déglingué et s'élance vers le village. Il se sent des ailes.... Julien amorce la descente vers Sauvagnas. Il doit freiner car, plus bas, quatre ou cinq écoliers marchent en désordre, occupant la largeur du chemin. " — Garez-vous, bande d'abrutis ! " hurle Julien en évitant de justesse le groupe, au prix d'un écart acrobatique. Un chapelet d'injures et de lazzi l'accompagne sur quelques dizaines de mètres. Il se retourne, offensé et furieux : " — On règlera ça tout à l'heure. Vous ne perdez rien pour attendre, espèces de crétins ! " Une nouvelle avalanche d'injures le rattrape mais il ne daigne plus répondre à ces ploucs irrécupérables.........Julien s'empresse de garer sa bicyclette dans un coin du préau et fouille la cour du regard, à la recherche de son maître. " — Salut Julien ! " C'est la voix enjouée de Christian, son cousin avec qui il s'entend si bien. " — Salut Christian ! T'as pas vu Monsieur Borry ? " " — Il est aux W.C. Tu fais une partie de poque avec moi ? " " — Non. Tout à l'heure si tu veux. Je dois parler d'abord à Monsieur Borry ! " L'instituteur sort des cabinets. Julien attend qu'il ait parcouru quelques mètres pour l'approcher, comme s'il voulait lui éviter la gêne d'être surpris par ses élèves à la sortie d'un endroit inconvenant. En réalité, c'est Julien que la situation embarrasse : il n'a jamais pu se faire à l'idée que son instituteur, un personnage si respecté, si prestigieux, si instruit puisse fréquenter ce lieu infect, simplement isolé des enfants tout proches par une porte aux planches disjointes.

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